Peut-on croire les sondages ?

 

Qui les fabrique ?

 

BVA, Ipsos, Ifop, Odoxa, ViaVoice… Une dizaine d'instituts reconnus occupent le terrain du sondage politique. Pour garder leur clientèle (médias, politique, institutions), ils doivent se montrer irréprochables. Pour garantir la sincérité de leurs résultats, une commission officielle des sondages contrôle dorénavant leurs échantillons, les questions posées, la manière dont a été fait le sondage (Internet, face-à-face ou téléphone)… Ce qui n'est pas le cas des sondages faits sans échantillon, en direct sur Internet, par des sites d'infos ou sur Twitter. Dans ce cas, les sondés peuvent répondre plusieurs fois et personne ne sait comment les résultats sont calculés.

C’est quoi « l’échantillon » ?

 

Les grands instituts français interrogent généralement 1000 personnes inscrites sur les listes électorales. Ils les sélectionnent par quotas (âge, sexe, profession, commune, région …). Cette méthode permet de reproduire le portrait miniature de la population.

Les questions sont-elles neutres ?

 

Chaque institut de sondage formule ses propres questions et cela oriente les résultats : demander à quelqu'un « pour qui » il compte voter, « qui » il verrait accéder à la présidence ou quel candidat lui semble « le plus à même de remporter l'élection » n'a pas le même sens.

 

Les résultats sont ils fiables ?

 

Chaque institut a sa botte secrète : le redressement ! Une fois que les réponses sont collectées, des spécialistes les ajustent. Jusqu'à peu, le vote Front national est resté tabou. Pendant longtemps, le poids des réponses qui lui étaient favorables a donc été gonflé pour éviter de le sous-estimer. Les électeurs ont aussi le droit de changer d'avis. Lors du premier tour de la primaire de la droite en novembre dernier, 30 % des votants ont déclaré avoir choisi leur candidat le jour même. Les sondages sont comme une photographie à un instant t, pas une prophétie.

 

Les médias en abusent-ils ?

 

Le Parisien a annoncé début janvier qu'il faisait une trêve des sondages pendant plusieurs mois. Pour couvrir la campagne présidentielle, il préfère renouer avec la prise de pouls sur le terrain et l'enquête direct auprès des citoyens. Aujourd'hui, les médias commandent beaucoup de sondages exclusifs, et les journalistes politiques s'en servent largement pour construire leurs commentaires et surtout leurs prévisions. Ils pensent de bonne foi que ces résultats ont une influence sur les électeurs et les professionnels de la politique et, dans un monde de concurrence, ils veulent être les premiers ou les seuls à « avoir vu juste » !

 

Y a t’il une marge d’erreur ?

 

Oui, Hillary Clinton en a fait l'expérience en novembre lors de la présidentielle Américaine ! Jusqu'au bout, les estimations l'ont annoncée gagnante, et c'est Donald Trump qui a été élu. Les sondages annonçaient 51 points contre 49, or, une marge d’erreur de 3 points est fréquente lors d’un sondage.

Source : Magasine Phosphore

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